Pas motivé au piano ? | 5 idées reçues sur l’apprentissage

Motivé au piano : 5 idées reçues sur l'apprentissage

Au début, tu étais « tout feu, tout flamme » au piano, et tu te sens parfois découragé, au point de te demander si tu pourras réussir à jouer ?  Eh bien, sache que cela ne t’empêchera pas d’apprendre. Tu n’es pas motivé au piano aujourd’hui ? Ce phénomène est normal. Voici 5 idées reçues à connaître pour mieux appréhender ta vie d’apprenti musicien tout au long de ton parcours.

1ère idée reçue : « Il faut rester motivé pour progresser piano »

La motivation est le processus par lequel une personne déclenche, calibre et prolonge un ensemble d’actions pour atteindre un but. Un musicien motivé par l’apprentissage du piano va mettre en place des moyens pour accéder à son souhait : jouer.

Comme pour tout apprentissage, devenir pianiste (même à ses heures perdues) demande un certain investissement en temps et en énergie. Cela demande des efforts sur le plan intellectuel également : s’organiser en planifiant les entraînements pour progresser, s’exercer aux gammes, repérer les clés, travailler le rythme.

Généralement, les débutants sont prêts à tout au démarrage, puis l’énergie s’amenuise. C’est le moment de la recherche de solutions pour « garder la motivation ».

Alors, idée reçue N° 1  : ce n’est pas parce que l’on a moins envie de travailler que l’on a perdu la motivation, qu’il faudrait regagner. Le piano a toujours du sens, c’est toujours un objectif. Imagine plutôt la motivation comme un ensemble de vagues fluctuantes, des plus hautes aux plus basses.

Une astuce pour passer à la vague suivante ? Cela consiste tout simplement à accepter cet état de motivation basse. Tu n’as pas envie de travailler, eh bien ne le fais pas. Assume cette phase et tu verras que les raisons qui t’ont amenées à vouloir jouer au piano vont rapidement remonter à la surface.

2ème idée reçue : « L’apprentissage du piano est une question de volonté »

l'apprentissage du piano est une question de volonté

La motivation ne se décrète pas : si les chercheurs en sciences comportementales avaient trouvé la méthode ultime pour être motivé à coup sûr, nous le saurions. Cette méthode serait exploitée dans tous les domaines.

Pour rester motivé au piano, ton objectif consiste à faire basculer ton cerveau du côté de l’action. Pour cela, mise sur un entraînement court : cela donne un signal positif à ton cerveau car l’effort prévu sera considéré comme raisonnable. 

Si tu as besoin de mettre en place une routine qui fonctionne, tu peux t’appuyer sur cette vidéo :

3ème idée reçue : « La procrastination empêche de progresser dans l’apprentissage »

On cherche toujours à éviter ou à réduire la procrastination, car elle empêcherait notre productivité. Or, idée reçue N° 3 : c’est un état normal, qui est vécu par n’importe qui. Apparentée à un défaut, elle peut pourtant te rendre service !

Les perpétuelles remises au lendemain indiquent bien des choses sur notre motivation pour un nouvel apprentissage. Tu as investi dans un piano et tu as prévu du temps pour t’y consacrer, mais tu ne parviens pas à te tenir à ton organisation ? Dans ce cas, il faut se représenter la procrastination comme un signal d’alerte : as-tu réellement envie de t’y mettre ? As-tu peur du résultat en démarrant (peur d’échouer ou peur de réussir) ?

Tu es déjà pianiste, tu as passé le cap des premiers morceaux, mais en ce moment, ça bloque. Ton organisation est peut-être à revoir ? Celle qui t’a réussi au début a peut-être besoin d’évoluer dans sa structure ou son style.

La procrastination ressemble à une perte de temps, car tu n’as pas l’impression de produire quoi que ce soit. Mais sans le savoir, tu es au travail, car ces moments « volés » dans ton planning chargé permettent le lâcher-prise : une compétence indispensable pour rester motivé au piano.

4ème idée reçue : « Tout est question de motivation pour apprendre »

Dans toute phase d’apprentissage, on part d’un point A et on souhaite atteindre un point B. Une transformation est donc à l’œuvre pour atteindre le stade d’expert, impliquant un changement dans le comportement.

Le pianiste en situation d’apprentissage doit donc mettre en place toute une organisation pour assimiler la pratique : travail du rythme, dextérité d’une main, puis de la deuxième, mémorisation des morceaux à jouer, etc.

L’apprentissage est un mécanisme bien complexe. Quant à la motivation, … Comment s’y retrouver ? Selon BJ Fogg (sociologue américain), 3 facteurs doivent être réunis pour opérer un changement de comportement (tel qu’apprendre, par exemple) : 

  • la motivation à changer ;
  • le niveau de simplicité pour mettre en place le changement ;
  • un facteur déclencheur.

Cette approche a l’avantage de percevoir les autres pistes pour apprendre, sans donner à la motivation un rôle unique : d’autres leviers sont plus simples à activer. Pour inscrire la pratique du piano dans le temps, ton environnement doit y être favorable, à commencer par l’environnement physique.

Si ton clavier se situe dans un placard, et qu’il te faut surfer sur une planche à repasser avant de l’extraire : tu ne le sortiras jamais. Trêve de plaisanterie : créer les bonnes conditions pour faciliter la mise en route chaque jour est une bonne astuce. 

5ème idée reçue : « Il faut persister dans l’effort pour réussir au piano »

Il faut persister dans l'effort pour réussir au piano

Ah ! L’image de l’Everest pour apprendre le piano, ça te parle ? Idée reçue N° 5 : l’apprentissage du piano n’est pas une montagne à  gravir, coûte que coûte, sans baisser la garde.

➥ Si tu souhaites démarrer le piano sans stress, découvre la méthode en 9 étapes dans cet article.

L’apprentissage du piano, à l’instar de nombreuses pratiques artistiques, était réservé à une poignée d’élus. La diversification des méthodes pédagogiques fait voler en éclat cette représentation.

Bien entendu, tout apprentissage requiert de dépasser différents paliers pour progresser. Mais la persévérance est-elle le meilleur atout de la motivation face au clavier ? Parfois oui, mais cela n’a rien de systématique.

La meilleure astuce pour continuer sur la voie d’un apprentissage difficile reste l’engagement social. En fait, les promesses exprimées auprès des autres sont davantage tenues que celles que l’on se fait à soi. C’est d’ailleurs le challenge pour toute personne qui apprend le piano seul

Si tu as envie de démarrer le piano, tu peux en parler à ton entourage, à commencer par les personnes qui vivent avec toi. Leur soutien va t’apporter une validation dont tu as peut-être besoin pour te projeter.

Avec quelques années de pratique musicale, le facteur social est toujours aussi pertinent. Il l’est même plus pour de nombreux musiciens qui ont à cœur de jouer dans un groupe

pour partager la musique. C’est également le cas des musiciens qui jouent chez eux pour leur plaisir mais qui ont besoin d’échanger leurs impressions avec d’autres pianistes.

Ce qu’il faut retenir 

N’importe quel musicien s’est déjà senti découragé par l’apprentissage du piano. Et si la solution consistait à accepter cet état au lieu de lutter contre la baisse de motivation à tout prix ? Pour combattre les 5 idées reçues  sur l’apprentissage du piano et faire de la motivation basse votre meilleure alliée à long terme, voici 5 astuces à appliquer :

  1. Accepter le creux de la vague, pour passer facilement à la suite ;
  2. Leurrer son cerveau en lui proposant des entraînements courts au piano ;
  3. Profiter des périodes de procrastination pour lâcher prise et devenir un bon musicien ;
  4. Créer un environnement favorable à l’apprentissage du piano ;
  5. Miser sur son entourage pour permettre l’engagement personnel en musique.

Pour aller plus loin dans ta routine d’apprentissage, découvre ici 3 secrets pour enchaîner les accords au piano : motivation garantie !

À très bientôt,

L’équipe d’Impro Musique

7 réponses à “Pas motivé au piano ? | 5 idées reçues sur l’apprentissage”

  1. Un super article qui reflète bien la réalité des choses.
    Peu importe l’apprentissage que l’on souhaite faire, la motivation seule a ces limites à un moment ou un autre. Et la volonté n’est pas une ressource iillimitée non plus.
    Selon moi, l’une des clefs est de découper son gros objectif principal (souvent avec une vision à long terme) en plusieurs sous objectifs. En mode pas à pas, marche après marche, la montagne semble toujours moins haute et c’est donc plus simple d’atteindre son sommet !

  2. Quelle bonne idée que ce blog ! Merci Norton !
    J’ai mis un an à me décider à acheter mon piano . Le désir était là mais je ne l’écoutais pas. Je craignais que cela ne soit qu’une lubie, j’écoutais mes doutes et mes peurs….. Et aujourd’hui, bien que je n’en sois qu’au tout début, je trouve un énorme plaisir à jouer de mon instrument. Jouer ou travailler : en musique, ces termes sont synonymes. Magnifique, non ? 🙂

    1. Tout à fait Anne, ces termes devraient toujours être synonymes 😊 bravo continue comme ça !

  3. Très intéressant Norton ! Merci pour ces articles et ce blog en général. (il y a une petit coquille dans le titre).

    Je me demande souvent pourquoi les gens désireux de découvrir le piano et peu importe l’âge ; S’orientent tout de suite vers le solfège. Comme ci, c’était LE passage absolu! D’où est-ce que ça vient? C’est « culturel »?

    1. Merci pour ton retour, oui je pense que c’est clairement culturel et dans les moeurs de beaucoup de gens encore. Le monde de l’enseignement de la musique a besoin d’un bon coup de dépoussiérage. La musique est si importante dans nos vies, c’est trop dommage d’en être dégouté par une approche aussi décourageante au jour d’aujourd’hui.

  4. […] travail pour délier ses doigts en rebute plus d’un, donc déjà : si tu en es là, bravo, tu es motivé au piano ! Le travail est payant dans ce genre de pratique, même si tu n’as pas de prédispositions […]

  5. […] pertinent pour représenter le coût d’un effort et son efficacité sur des résultats. Pour te motiver au piano, tu peux te dire que 20 % de ton travail quotidien va donner lieu à 80 % de tes réussites en […]

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